18 novembre 2014

Monsieur est mort…

Quand survient la mort du père, est-ce le temps de la fin des secrets et du pardon ? Ou bien celui de la culpabilité ?

A la mort de son père, Vincent quitte l'Inde ou il vit depuis quinze ans pour revenir à Paris. Telle une bombe à retardement, cette disparition fait resurgir du passé des traumatismes enfouis.
Ce retour sera-t-il le déclencheur pour que se brisent enfin les tabous, que soient dévoilés les secrets et les non-dits familiaux ?
Un roman sur la culpabilité, le pardon et le pouvoir de destruction du silence.

Extraits : Quinze ans plus tôt, j’avais quitté Paris en pensant ne plus jamais y revenir. Trop de souvenirs. Les pires ayant pris le dessus sur les meilleurs. J’ai fui, en laissant tout derrière moi, pour tenter d’oublier et de ne pas mourir. Je m’interdis la nostalgie, je suis un être de l’instant. Ma vie commence à chaque aube nouvelle et se termine chaque soir.  Je ne possède rien, ne suis attaché à personne. Je vis la vie d’un moine démuni de sacrement. De mon passé, je ne me souviens de rien. Ma mémoire s’est éteinte lentement, après une guerre acharnée. J’ai coupé, un à un, tous les fils qui menaient à mes souvenirs. Avec les années, j’ai construit un barrage solide autour de ma mémoire délirante et envahissante qui, autrefois, retenait le moindre détail. Il suffisait que je fixe mon attention quelques minutes sur un instant, même anodin, pour que son souvenir s’imprime en moi comme un tatouage indélébile…

Je me noyais dans les eaux troubles du souvenir. Mon père était mort, le mur sur lequel je m’étais brisé venait de s’écrouler. je retournai dans ma chambre. Je ne sais pas combien de temps je suis resté là. Les bougies consumées s’étaient éteintes. Tout semblait immobile comme si plus rien ne se passait. Le temps face à la mort avait perdu. A genoux sur le sol en position de prière, la sensation du marbre froid était si proche de la froideur des bras de ma mère que je fondit en larmes, dévasté par tout cet amour déchu…

Monsieur est mort – Karine SILLA  – Plon

4 commentaires:

  1. Ce livre m'interpelle.
    Karine Silla m'a toujours attirée en tant qu'actrice, je pense que son livre devrait me plaire.
    BIz

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    1. Je ne connaissais pas Karine Silla, je pense aussi que son livre devait de plaire. Elle aborde avec beaucoup de sensibilité les thèmes de la disparition, l'éloignement, l'absence. Je trouve qu'elle a une belle écriture, pour un premier roman c'est prometteur..!
      Bises

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  2. il m'intéresse ce livre (dis au fait, tu as reçu ma carte postale de Nice ?)

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    1. Un premier roman plein de sensibilité, que j'ai trouvé très touchant. Et non, je n'ai pas reçu ta carte postale de Nice. Je crois que toutes les cartes ne m'ont pas été remise par le personnel de la clinique. Je vais leur envoyer un petit courrier pour leurs demander de me les renvoyer à mon domicile. Cela m'étonnait de n'avoir rien reçu de ta part... et merci c'était très sympa, de recevoir des petits messages des 4 coins de la France et même hors de France... Bises

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